Santiago voyage

Santiago, l’ultime île de notre tournée en voilier du Cap Vert

Comme expliqué dans notre dernier article sur l’île de Maio, notre dernière navigation s’est passée en compagnie de Mathias, dentiste allemand, trentenaire en vacances au Cap Vert. En arrivant au mouillage du port de Praia, nous jetons l’ancre à quelques mètres du bateau pirate suisse, croisé à Las Palmas, Sal et Mindelo ! Nous en apprenons un peu plus sur ses occupants. Il s’agit, d’après nos infos, de jeunes adolescents suisses en difficulté scolaire ou disciplinaire, qui marquent une rupture avec leur environnement, en naviguant d’îles en îles, et cela jusqu’aux Caraïbes. Bref, nous déposons notre nouvel ami Allemand à terre, et plus tard, dans la soirée, il nous annonce avoir loué une voiture pour le lendemain, et tient à nous inviter à faire un petit « road trip » à travers l’île de Santiago. Pas besoin de vous préciser que nous sautons sur l’occasion. A 8h tapante, Michèle, Nathalia et moi attendons Mathias qui arrive à l’heure, pour un super « road trip » de St Valentin 🙂

tampon tour du monde
Sailing cape verde itinerary

Un ptit tour et puis s’en va

Ce 14 février, nous roulerons donc quasiment toute la journée, afin de faire une grande boucle à travers la plus grande île de l’archipel capverdien. Au menu de la promenade : des routes sinueuses, de beaux sommets abruptes, un jardin botanique quelconque, un arbre d’âge mure (Pei de polom), de belles plages de sable blanc et un retour par le bord de mer de la côte Est. On vous laisse avec une petite galerie de cette journée remplie de découvertes.

Praia, la capital du Cap Vert

Notre séjour à Praia n’est pas dû au hasard. A la base, nous avions décidé de ne pas y aller, car elle avait la réputation d’être un endroit peu fréquentable pour les plaisanciers… Une semaine auparavant, sur l’île de Maio, l’écran de l’ordinateur portable de Patrice l’avait lâché, le laissant avec un ordi fonctionnel, mais uniquement à l’aveuglette (pas très pratique). Nous sommes donc à Praia, avec la mission de débusquer un écran externe pour qu’il puisse à nouveau utiliser son portable.

Nous faisons la tournée des divers magasins d’informatique de la capitale et découvrons un magasin d’écrans de seconde main. Quelques instants plus tard, nous ressortons avec un moniteur, et nous nous empressons d’aller le tester. Nouvelles difficultés lors de notre recherche d’internet… Il va falloir trouver des endroits disposant de prises électriques, afin de brancher tout le matos ! On fait rapidement le tour du quartier du plateau situé sur… un plateau 🙂 Après quelques jours passés dans la plus grande ville du Cap Vert, nous remettons les voiles pour nous diriger vers la ville de Tarrafal (à ne pas confondre avec Tarrafal de Sao Nicolau) située au Nord-Ouest de l’île.

Tarrafal entre mer et montagnes

Après 6 heures de navigation en longeant la côte, nous arrivons au mouillage de Tarrafal. Nous lançons l’ancre proche d’une falaise, mais, après une soirée, nous décidons de changer d’emplacement de peur que l’ancre ne dérape et que nous finissions contre les rochers… On s’éloigne un peu et tentons une seconde fois d’ancrer de manière optimale. Nous déroulons presque 60 mètres de chaines et semblons très bien « accrochés ». Je plonge à l’eau pour vérifier, et je découvre l’ancre totalement bloquée sous un rocher. On prend une corde que nous passons autour de la chaîne et je tente de débloquer le « chmilblic ». Après quelques essais infructueux, on redémarre le bateau et rembobinons la chaine et l’ancre, tout en suivant mes instructions de direction, afin de défaire les nœuds sous marins. Après toute ces péripéties, nous décidons d’accrocher une seconde ancre à la chaine, afin d’être sûr et certain de ne pas déraper. Nous relançons donc une ultime fois les deux ancres et nous voilà enfin solidement accrochés !

Nous sommes le 19 février, et une fois de plus, un des seul bateau « habité » au mouillage. Le décor qui nous entoure est saisissant. Une double plage en arc s’étend devant nous et est ponctuée de nombreux palmiers qui dansent avec le vent. De nombreuse barques de pêcheurs multicolores sont dispersées le long d’un des bords, et une foule est là pour accueillir les pêcheurs de retour leur pêche miraculeuse. Une jolie falaise s’étend vers la côte Ouest et fait face à une montagne parsemée d’acacias (le mont Graciosa). Décor idyllique, vous l’aurez compris 🙂 Nous réservons comme à notre habitude des journées d’explorations à pied de notre nouvel environnement. Une promenade le long de la falaise nous fait découvrir la côte et depuis ce rivage nous apercevons en face de nous une longue plage de galets que nous nous irons de visiter le lendemain, au pied du mont Graciosa. Cette marche était plutôt drôle, car au détour d’un chemin de montagne, je vois Natha qui bifurque d’un coup contre la paroi rocheuse, et j’aperçois en face de moi une grosse vache. La tension est palpable du côté des humains. Le bovidé quant à lui, reste zen et prévient d’un meuglement caverneux la troupe qui le suivait. Après quelques minutes, nous redescendons sur le plancher des vaches (on peut le dire !) et passons à côté de la troupe. Nous continuons tranquillement notre marche jusqu’à la plage, en stoppant de temps à autre, pour observer des pêcheurs particulièrement excités et agités par la prise d’un gros poisson. Place aux images :

Une rando le long des crêtes de Santiago

Le jour de mon anniversaire (23 février), nous partons avec Nathalia faire une belle randonnée en compagnie de Cyril Deffieux. Cyril est un navigateur français, qui est arrivé à Tarrafal il y a plus de 2 ans, et qui propose des trekkings variés dans la région, tout en prodiguant d’excellents commentaires sur la faune et la flore locale. Cet ornithologue passionné nous a donc proposé un trek sympathique nommé : Le « Lagoa Trail ». Après une petite demi-heure « d’aluguer », nous nous arrêtons et commençons à monter. Le ciel est couvert, mais la visibilité reste correcte. Nous arrivons rapidement sur un chemin très bien entretenu qui slalome à travers de nombreux villages plus ou moins abandonnés et de grands domaines agricoles où les femmes chaudement habillées travaillent aux champs. Nous marchons toute la matinée sur ce chemin fort sympathique, et finissons la rando dans le petit village de Serra Malagueta. Avant d’arrivée, Cyril nous met en garde contre un chien plutôt hargneux, qui tente de bouffer les mollets de quiconque tentera de passer devant son antre… ça tombe bien, c’est la fin de notre marche. Nous nous armons donc de pierres, Nathalia prend carrément des rochers, et nous avançons jusqu’à son repaire. A peine arrivés devant la maison, deux chiens nous aboient dessus ! Ils ont à peine le temps de montrer les crocs qu’une pluie de pierres s’abat dans leur direction ! Ouf, nous voilà sauvé. Nous traversons tranquillement sous le regard médusé des locaux, qui ont l’air de trouver la situation plutôt comique.

Une fois de retour au bateau, nous reprenons l’annexe, cette fois-ci avec l’équipage au complet, et allons dans un petit restaurant situé au bord de la mer, à deux pas d’une petite plage isolée. Le débarquement à terre ne se passe pas comme prévu, et une vague nous tombe dessus au dernier instant. Je vois à mes côtés, Natha rouler dans l’eau, tout en s’accrochant au Zodiac. Patrice et Michèle sont eux aussi passablement submergés ! J’ai réussi in-extremis à éviter la déferlante en sautant vers l’avant. La peur de voir mon sac contenant mon ordinateur portable totalement submergé, a été plus forte et a réussi à me sauver. Une fois mes trois compagnons changés dans des habits secs, nous passons la soirée dans ce restaurant tout en profitant de la connexion wifi pour mettre à jour le blog et préparer la suite de nos aventures. Le repas est arrosé comme il se doit de deux bonnes bouteilles du vin blanc local cultivé sur l’île de Fogo…

Questions pour un moussaillon | Notre FAQ en vidéo

Pendant notre séjour à Praia, nous avons saisi l’opportunité de nous retrouver seul sur le bateau pour péter un cable et pondre notre FAQ en vidéo que nous vous avions proposée sur Facebook et sur le Blog.  Nous avons choisi de répondre à vos questions de manière humoristique, et on est plutôt content du résultat ! On vous laisse juger, en compagnie du capitaine Mouille-ta-Quille.

Une navigation « au près » corsé

Le 25 février nous remontons l’ancre et partons de l’île de Santiago pour rejoindre Mindelo. Cette navigation de 130 miles nautiques (240km) s’est faite en environ 24 heures, et était comme vous l’avez deviné avec le titre, maintenant que vous êtes expert en jargon marin : contre le vent. Pour la seconde fois de notre voyage en voilier, nous remontons contre le vent dominant (les Alizées). Nous montons la grande voile au troisième riz (grande voile non entièrement hissée) et déroulons le génois minutieusement sans trop laisser de toile. Nous aurons raison d’être prudents, car nous avons eu un vent quasiment constant à 30 nœuds (55km/h) avec des rafales allant jusqu’à 50 nœuds (92km/h) ! Le bateau sera durant quasiment toute la traversée très agité avec un angle de 30° à 40° ! Le pont du navire a été à bon nombre de reprises, intégralement inondé par une houle d’un peu plus de deux mètres. Nathalia a même eu la chance de se prendre une énorme vague en pleine face, alors qu’elle sortait la tête du cockpit ! Vous l’aurez compris, une fois de retour à Mindelo, nous avons pris une journée de repos bien mérité à se la couler douce. Notre retour à Mindelo va nous permettre de faire les ultimes préparatifs avant notre traversée de l’Atlantique ! Au programme : mécanique, changement de pompe, contrôle des cordages, de l’annexe, réparations diverses et courses d’envergure. Ensuite, il sera temps pour nous de passer « in the other side »…

Le départ est d’ailleurs fixé au jeudi 10 mars à midi ! Direction les îles de FERNANDO DE NORONHA au Brésil (à découvrir sur Google image pour baver). 

Vincent Weil

Jeune diplômé en management et tourisme à la HES-SO de Sierre en Suisse, je suis avant tout un voyageur insatiable. Mon rêve est de voyager à travers le monde paisiblement, au gré des envies et des rencontres afin de vivre de belles expériences. J'aime photographier et filmer nos aventures afin de concocter des vidéos pour ma chaîne Youtube/vincentweil et partager en récits et photos nos expériences sur notre blog de voyage Take-Me-Everywhere.com

3 Comments

Post a Comment